Le carnet de santé numérique de l’enfant
Il existe désormais trois carnets pour un même enfant : celui en papier, remis à la naissance ; celui de Mon espace santé, alimenté par les professionnels ; et celui que le parent tient lui-même. Ils ne servent pas à la même chose, et aucun ne remplace les deux autres. Voici ce que chacun couvre vraiment.
Un avis médical, ni un document officiel. Elle décrit des dispositifs publics à partir de leurs sources, citées en bas de page. Pour tout ce qui concerne la santé de votre enfant, c’est votre médecin qui décide.
Le carnet papier existe toujours
Un carnet de santé est remis à la naissance de chaque enfant. Il n’a pas disparu au profit du numérique : un nouveau modèle est entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025, révisé pour tenir compte des recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Il intègre notamment un nouvel examen médical à 6 ans.
Une chose mérite d’être rappelée, parce qu’elle surprend souvent : ce carnet est couvert par le secret médical. Personne — ni une crèche, ni une école, ni un employeur — ne peut en exiger la consultation sans l’accord du titulaire de l’autorité parentale.
Mon espace santé : le carnet numérique officiel
C’est le service public de dossier médical numérique. Il propose un carnet de santé numérique de l’enfant, qui rassemble les examens, les vaccinations et les étapes du développement, de la petite enfance à l’adolescence. Il est ouvert automatiquement, et près de 97 % de la population dispose aujourd’hui d’un profil.
À partir de 2026, il s’enrichit : des conseils adaptés à l’âge, un calendrier des rendez-vous à anticiper — vaccinations, examens obligatoires, suivi dentaire — et la possibilité d’enregistrer les courbes de croissance (taille, poids, périmètre crânien). Le déploiement auprès des médecins, de l’imagerie et des établissements s’étale progressivement de 2026 à mi-2028.
Si vous cherchez le dossier médical officiel de votre enfant, c’est là qu’il faut aller. Nous n’avons aucun intérêt à vous dire l’inverse : un service public gratuit, alimenté par les soignants eux-mêmes, fait un travail qu’une application privée ne peut pas faire.
Ce qu’aucun des deux ne contient
Les deux carnets officiels décrivent la santé de l’enfant vue par les soignants : ce qui a été constaté lors d’un rendez-vous. Entre deux consultations — c’est-à-dire l’immense majorité du temps — il ne s’écrit rien.
Or c’est précisément ce que le médecin demande en consultation :
- combien de biberons par jour, et quelles quantités ;
- comment il dort, et depuis quand ça a changé ;
- à quoi ressemblent les selles, et depuis combien de temps ;
- quels aliments ont déjà été goûtés, et si l’un a mal passé ;
- ce qu’on voulait demander, et qu’on a oublié en s’asseyant.
Ces informations n’existent nulle part ailleurs que dans la tête du parent, et elles s’effacent en quelques jours. C’est ce trou-là qu’un carnet tenu par le parent vient combler — voir ce qui vaut la peine d’être noté.
Qui note quoi
| Ce qui est noté | Carnet papier | Mon espace santé | Le parent |
|---|---|---|---|
| Examens obligatoires | oui | oui | — |
| Vaccinations | oui | oui | en rappel |
| Courbes de croissance | oui | à partir de 2026 | entre deux visites |
| Biberons, sommeil, selles | — | — | oui |
| Aliments goûtés, réactions | — | — | oui |
| Questions au médecin | — | — | oui |
| Premières fois, photos | quelques pages | — | oui |
Ce que Memochild fait de ces notes
Memochild est le troisième carnet : celui du parent. Il ne remplace ni le papier, ni Mon espace santé, et il n’est pas un dossier médical. Il sert à deux choses.
Arriver au rendez-vous avec des chiffres plutôt que des souvenirs. Ce qui est noté au fil des jours ressort en un document à montrer ou à envoyer : le journal quotidien, les courbes, la diversification, avec ses dates. Le groupe sanguin et les posologies n’y figurent jamais — un document qui circule ne doit pas porter ce genre d’information.
Garder ce que personne n’archive. Les premières fois, la première dent, le premier mot, avec leur date et une photo. Un carnet de santé ne les note pas, et c’est pourtant ce qu’on relit dix ans plus tard.
Les données sont hébergées en France, et l’application ne diffuse rien : rien de ce qui concerne un enfant n’est indexé par un moteur de recherche.
Questions fréquentes
Faut-il choisir entre les trois ?
Non, et ce serait dommage. Le carnet papier suit l’enfant chez tous ses soignants, Mon espace santé centralise ce que les professionnels enregistrent, et le carnet du parent garde le reste. Ils ne se recouvrent presque pas.
Que se passe-t-il si j’arrête de payer ?
Tout ce qui a été noté reste lisible et exportable ; seules les nouvelles saisies s’arrêtent. On ne bloque jamais la consultation d’un carnet de santé.
Mes données peuvent-elles être revendues ?
Aucun enregistrement individuel n’est vendu, jamais. Le détail de ce qui est collecté et pourquoi figure dans la politique de confidentialité.
Sources
- Ministère chargé de la santé, « Le carnet de santé de l’enfant » : nouveaux modèles de carnet et de certificats en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2025
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Mon espace santé, le carnet de santé numérique de votre enfant »
- Agence du Numérique en Santé, Mon espace santé : évolutions 2026 et calendrier de déploiement
- Service-Public.fr, carnet de santé de l’enfant
Faits confrontés aux sources officielles le 12 août 2026. Les dispositifs publics évoluent : en cas de doute, ce sont les pages officielles ci-dessus qui font foi.